Pourquoi j’aime le Milieu (du longskate)

Oui? Pourquoi?

Je pourrais tant discerter sur les sensations de glisse, de l’image du rider rebelle, de l’esprit libre et décalé d’un dopé de la « surfing wave » que, si le sujet était tombé au bac de philo à l’époque où, cheveux longs et aspirant à une carrière de pro-snowboarder, je m’échignais à écrire sur une question aussi futile que bien d’autres que moi, et bien avant, avait décortiquée, analysée et prosée, le tout avec bien plus de maestria que ma pomme (qui pensait surtout à « vais-je avoir le courage de placer ce saut de barre de 7 mètres à la fin de tel couloir ce week-end sans me briser la moitié du squelette?), j’aurais alors, si le sujet était tombé, pu écrire 15 feuilles doubles à petits carreaux sans sauter de lignes…

Bon, j’arrête les phrases de 15 lignes de long et je me focalise sur le sujet du jour et je vais tenter de faire court…

Se poser une telle question revient à se poser LA question :

« C’est quoi le longboard pour toi? »

A une époque pas si lointaine (genre novembre dernier), j’aurais répondu sans avoir tourné 7 fois le clavier dans ma bouche avant de balancer ma connerie :  »

« C’est la descente!!! Le Daune-ille!!! Le vrai truc de mecs là, tu sais… »…

C’est vrai…

Bien que m’étant taillé à coup de serpe de scie sauteuse un truc qui ressemblait de loin à un longskate (surtout grâce au RII de 180mm de large) depuis presque 4 ans dans le but, à l’époque, de ne jamais avoir à marcher (quelle horreur!!) alors qu’on pouvait s’offrir des sensations uniques juste en allant chercher le pain, l’appel des montagnes juste au dessus de mon chez moi me titillait alors vraiment la caboche…

Mais c’était Avant!

Avant quoi?

Avant que je ne me consacre exclusivement au DH.

Que je n’investisse dans du « vrai » matos, aussi bien en planche qu’en éléments de sécurité et surtout, surtout, que je ne découvre qu’il y en avait d’autres, comme moi (voire pire que moi) qui faisaient la même chose…

Et là.. alors que je ne cherchais aucun sens à ma vie qui roulait pépère avec mon lot quotidien de sensations, j’ai trouvé autre chose…ou plutôt, autre chose m’est tombé sur le coin de la trougne comme le piaf tombe sur le lombric un soir de chasse!

Moi qui me pensait asocial (j’ai bien tenté l’expérience sur des forums motos (mon dada quotidien), mais j’ai finalement laissé reposer la pâte comme disait ma grand-mère, préférant les longues sorties de quelques jours en solitaire plutôt que les concentres surpeuplées), j’ai trouvé des gens à qui parler, des gens (hors famille) auxquels je pense quotidiennement (chose rare pour moi, m’en voulez pas), des gens qu’il me tarde souvent de retrouver.

De retrouver autour de quoi?

Ben justement, j’y viens (pour ceuzes qui s’endorment déjà, c’est bientôt fini).

Pas autour d’une bête planche de bois aussi designée soit-elle j’entends.

Nan, autour d’une passion déjà.

Autour d’échanges, de partage de sensations, d’expérience, d’amicalité.

Fab_Pipay

Quel étonnement pour moi, de faire l’objet (avec les autres bourrins de cet hiver) (Salut les gars!), d’une invitation à rider de la part des Lyonnais, des mecs dont je connaissais à peine le pseudo il y a quelque mois sur un forum bien connu de chez nous, et à propos desquels je trépigne d’impatience de pouvoir leur rendre la pareil sur nos routes à nous!!

Le longboard pour moi c’est ça :

– un monde déjà. Fait de multiples facettes (slalomeurs, danseurs, slideurs : je vous aime!!), de déconnade, de mauvaise foi, de défis, de sueur et d’envie d’en découdre ou de rouler pépère.

Qui ne s’est jamais retrouvé après une bonne session de ride avec un bon bleu de 20×20 cm ou boitant pendant une semaine mais toujours partant, sur la planche dès qu’une session se profile à l’horizon???

– un monde qui se serre les coudes, dans lequel les bobos et les tracas des uns deviennent sujet de préoccupation des autres (à vous les Lyonnais, je suis prêt à signer une pétition voire à la monter en ce qui concerne ce qui vous arrive; A toi Pommy, je partage ta douleur de te voir te faire déposer par n’importe quel rider grenoblois (hu hu hu)).

– un monde qui bouge et qui vit avec son temps

– un monde dans lequel les vieux les plus expérimentés n’hésitent pas à partager avec les bleue-bites nous, les nantis

Photo de Famille

– un monde où le clivage « compétition/amateurs » n’est pas encore totalement consommé

– un monde, enfin, où un mec ou des potes, dans leur garage, se fende le neurone pour sortir des planches toutes aussi belles et efficaces les unes que les autres..

– un monde où un mec a suffisament de ce petit grain de folie qui lui fait remonter sur une planche avec un bras dans le plâtre pour se surpasser en DH ou ressentir une troublante sensation de manque s’il se trouve dans l’incapacité de rider pendant plus d’une semaine…

P’tain! Que j’aime ce monde!

Je me souviens, derrière la brume vaporeuse de la soirée de l’Open Ride au Mt Verdun, des joutes verbales avec les gars du Nord de Paris comme si, ces mecs là, je les connaissais depuis tout le temps et qu’on passait notre temps à se charrier dans la bonne humeur et dans l’unique optique du lendemain : se tirer la bourre et prendre du bon temps!!

P’tain, allez j’arrête car j’ai déjà mon 17/20 assuré en philo et la larme à l’oeil en regardant Pipay ce soir, sec, sans avoir pu aller y rider par manque de temps…

A vous les studios, et à bientôt sur les routes.. j’essaierai de vous attendre un peu.. (hin hin hin).

Je vous laisse avec une reprise des Bérus par les Ogres de Barback & les Hurlements de Léo

Salut à vous!

jere

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4 commentaires pour Pourquoi j’aime le Milieu (du longskate)

  1. Drazgul dit :

    J’ai envie de pleurer,mec.Tellement c’est beau j’ai envie de te dire combien ce milleieu est effefctivement vital pour nous tous.

  2. brigadier dit :

    T’es le meilleur mec !

    Je te kiffe gros !

  3. Bevilacqua dit :

    ça, c’est gentil !
    Je suis
    – un vieux con (> 40 ans)
    – nul en DH
    – pas meilleur en rampes, slalom, danse, free, street
    – loin du nombril du monde français (ni à Paris, ni à Grenoble, ni à Lyon)

    au mieux je peux partager avec vous quelques belles images et un peu de soleil …
    Y a même un jeunot bien intentionné qui m’a dit que je racontais des histoires à la « Père Castor » !

    Au plaisir de vous lire !

  4. jere dit :

    @Belivacqua : T’sais, le noyau dur des ours doit avoir une moyenne d’age qui tourne dans les 37 ans.. 🙂

    Y’a pas d’age!!


    jere

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