Ô joie! Ô bonheur! Adieu les soucis! Et vive le downhill

A écouter pendant que vous lisez ce petit mot doux.

Difficile de résister à l’appel de l’asphalte lorsque le ciel est bleu et que l’astre solaire brille. Surtout que la période hivernale de cette année n’est pas propice à nos ébats préférés que sont les sessions Downhillesques.

D’ailleurs, on cède souvent à la tentation d’enfiler le cuir imprégné de l’odeur de fennec si caractéristique, de se tirer la bourre à qui mieux mieux et d’aller voir si les plaques d’immatriculations se lisent plus facilement lorsque l’on peux les toucher du bout des gants lancés dans une épingle à vive allure.

L’impatience de rouler vient du fait que ces derniers temps, comme la météo est pourrie, les soucis du quotidien sont amplifiés. Ne serait-ce que d’entendre ce foutu radio réveil qui me pète les oreilles (et surtout les burnes) et qui me rappelle que je dois me bouger le cul pour aller me faire chier au taf pour ramener cette putain de caillasse qui me permet de vivre… Ou plutôt, de payer mes factures avec lesquelles j’aurais bien envie de me torcher le cul.

S’ensuit la terrible routine des bouchons quotidiens, et durant lesquels le poste radio dégueule les malheurs du monde afin de me faire oublier les vrais problèmes et le fait de me faire enfler (pour ne pas dire autre chose).

Bien évidement, il ne faut pas que j’oublie mes contemporains sans qui, avec leurs sales tronches de dépressifs, ma journée ne serait pas pourrie a souhait.

J’en arriverai presque à devenir aussi triste et malheureux si je devais subir les outrages et les frustrations de ces journées longues et ennuyeuses.

Mais je comprends rapidement que tous ça va sortir de ma tronche, quand je reconnais la douce voix d’un de mes compères en rut, au téléphone.

J’élabore déjà une stratégie pour m’extirper de mes obligations parentales et conjugales.

C’est comme quand t’as les couilles à 10 bars et qu’elles sont prêtent à te péter à la gueule. Et ben, tu prends tout ce qui te tombe sous la main un soir de beuverie.
C’est à dire que je peux plus résister et du coups je la met en sourdine, je fait le beau et j’expédie vite fais bien fait toutes les tâches ménagères qui m’incombent, sans piper mot, et s’il faut faire un peu de lèche et bien j’en rajoute un peu, voire beaucoup.

Tout est bon pour avoir l’aval de mon ministère de l’intérieur!!!!!

C’est un p’tit jeu où beaucoup jettent rapidement l’éponge mais ma santé mentale en dépend. Au moins ça m’évitera de dérouiller femme et enfant…
Bref à coté de tout ça, les Misérables c’est le Club Med.

Vient enfin le moment de partir et de ranger dans la caisse mon matos…
Mettant à profit ce putain d’hiver qui m’a obligé à me terrer dans ma tanière, j’ai, des semaines durant, affûté mon matériel.

Une volonté de fer est nécessaire.

Imaginez : dehors il fait froid, il neige, la météo vient d’annoncer qu’il va encore neiger 3 jours et qu’ensuite une nouvelle perturbation va s’amener sur le coin de ma gueule pour y déverser des seaux d’eau.
Sur ce, ma douce me demande d’étendre le linge en ayant, au préalable, allumé un feu, fait la vaisselle et finit de ranger cette paperasse qui s’amoncèle sur la table de la cuisine. ARRRRRRGGHHHHHHH!!!!!!! Merde, merde et merde!!!!!!!!
Direction la cave et là, coups de poignard.
Elle est là, toute propre depuis 3 semaines. Grip brossé, bois lustré, roulements nettoyés et lubrifiés et je peux pas aller rouler!!!
Tout est dans le sac, casque, combarde, gants , groles, outils et pièces de rechange.
Prêt à prendre la poudre d’escampette.

Mais bon ou en étais-je? Ah oui!

Le sac est dans la bagnole. J’ai pas oublié de dire « à ce soir » et de bisouiller la petite tribu.
C’est bon , moteur!! Je fais hurler par les haut-parleurs de l’auto-radio, un bon gros son de néo-métal ou de punk.
Ca, c’est pour la mise en condition psychologique. Pourquoi?!
Rappelez-vous le pote en rut, et bien il est aussi à cran que moi.
Ca devrait encore être saignant tout ça!
La frustration est toujours là, et la route est beaucoup trop longue pour arriver au spot salvateur.
Les infractions au code de la route se multiplient au fil des kilomètres. Ce serait vraiment trop stupide de se faire gauler. Là, ça finirait vraiment par me pourrir, et d’un, la semaine et de deux, la session annoncée! Et Je n’ai pas envie de finir dans les faits divers de la rubrique “meurtres”.

Mais je ne lâche pas l’affaire et j’arrive sans encombre, la bave aux lèvres, sur le parking du spot.
La fratrie est déjà là, en train de se préparer. Tel Zébulon (et encore à coté de moi son ressort est naze), je m’éjecte de la tire pour saluer ma horde de potos qui, comme moi, ont la trique et sont prêts à éjaculer plus rapidement qu’un précoce.
Pas besoin de beaucoup parler, les regards complices se suffisent à eux seuls.

C’est encore trop long et j’ai mal au bide. Mais ce moment qui précède la 1ère descente est vital.
Le dépucelage, la récompense de cette période de sevrage forcé prend fin.

J’enfile mon …( nan! pas mon pote !!) …mon cuir nauséabond, lace mes lacets,vérifie que mon pneu tient encore, je sors la planche du coffre avec (presque) la larme à l’oeil, contrôle du set up peaufiné aux petits oignons et enfin en route pour la première navette de la session.

Je ne me rends pas compte que je suis entré dans la 4eme dimension depuis que j’ai chargé la voiture. Je suis heureux, insouciant, libre dans ma caboche.
Bref, je profite de la vie.

Fab

A partir du moment où je verrouillerai mon casque et enfilerai mes gants, les runs vont s’enchaîner, rendant la notion de temps impalpable voir inexistante jusqu’à ce que le jour décide de nous quitter mettant un terme à ma joie enfantine.
Les regards de mes compères en disent long sur leurs états de bien être et le zef qui s’engouffre dans mon casque me grille les neurones, me rend euphorique et me fait péter le palpitant hors de la cage thoracique à chaque descente.

L’essence même de mon corps n’existe plus. Seules les trajectoires, les tirages de bourres, les aspis et poussettes m’animent d’une jouissance incontrôlable.

Chaque run fait naître un nouvel orgasme et me fait exploser de joie. Je suis libéré…

Puis le jour décline et il faut se rendre à l’évidence, et je me surprends tout de même à implorer RÂ pour qu’il m’offre encore quelques minutes de plus, le temps d’un dernier run.
Je mate ma tocante, fais le calcul . Putain! J’ai rien vu passer.
4 h00 qu’on se tire la bourre comme des décérébrés courant après le vent!!

Allez, on file à l’abreuvoir se faire une mousse? Ca sonne le glas de la session des ours.

Place aux commentaires à propos des runs, des techniques, des trajectoires et des délires.
Puis on passe aux au-revoirs, espérant très rapidement une nouvelle session.

Vient le retour à la maison.
Ch’uis vidé, le punk cède sa place à Céline Fion…
Nan je déconne! Mais quand même à quelque chose de plus soft.

La soirée à la maison s’écoule paisiblement sans distributions de tartes et de soupes de phalanges.
Et Morphée m’accueille sans peine…
Jusqu’à ce que ce putain de réveil se mette à crachoter sa daube mettant un terme a la douce euphorie de la veille…..

Fab (aka Drazgul)

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11 commentaires pour Ô joie! Ô bonheur! Adieu les soucis! Et vive le downhill

  1. Pauca dit :

    Je t’aime…

  2. jereerej dit :

    Wep.. Le Drazgul nous a écrit ça avec les tripes, ça se sent!!

    Du coup, on est prévenu : si on veux éviter des meurtres en séries, du hooliganisme, etc. mieux vaut lui trouver des routes sèches et lui procurer des bastons sur l’alsphate… 🙂


    jere

  3. Bevilacqua dit :

    kss kss  » allez crache ton venin !… »
    L’envie est un puissant moteur.
    Hélas ces derniers temps j’ai ressenti sois une impression de vacuité, sois le sentiment d’être déplacé, au regard des lieux ou du contexte qui m’entourent.
    J’imagine assez mal Di Caprio faisant trois tours de roulette pour se détendre dans « blood diamonds », or ici c’est plutot cette ambiance qui prévaud.
    Et si les lieux où je pratique sont calmes, mon activité peut sembler incongrue à certains.
    Pas tranquille …
    Il faudrait peut être une expédition du GOG (Gang of Grenoble) ici pour détendre un peu l’atmosphère.

  4. Flav dit :

    si bon! j’adore ce ptit article avec une pointe de brigadier dans l’éciture mais pas trop!

  5. Drazgul dit :

    Merci pour l’invit bevi.On note, et on essaie de s’organiser un road trip par chez toi.Je te promet qu’on essaiera d’etre un peu sage et de pas trops vous ridiculiser.lol

  6. jere dit :

    @ Bevilacqua : who.. ça ressemble à du coup de blues ça non??
    Que de mélancolie en un comm… 🙂
    Tu nous imagines débarquer en cuir et board par tes rivages?? 🙂


    jere

  7. Bevilacqua dit :

    on espère que ça va aller mieux ce vendredi, toutefois la légèreté et l’exotisme dillettante vont rester suspects encore un bon moment … on verra si les roulettes adoucissent les moeurs.
    (en attendant je vais repeindre en rose ma Dainese, des fois qu’on me prenne pour un CRS en tenue robocop égaré sur une route perdue …)

    Vu l’ampleur de la crise ici il va y avoir des promos canon (scié).

    Ces paroles amères étant sorties comme une bile verte, reste l’idée de vous accueillir ici: avec grand plaisir bien sûr ! On a besoin de travailler la technique , vous ne serez pas de trop. (et promis, on vous laissera passer devant … au début)

  8. thib38 dit :

    du draz comme on l’aime , bravo mec !

  9. adri dit :

    ouai le french GOG sa deboite!
    yes

  10. Bevilacqua dit :

    Mieux vaut le GOG que les GOG, il pourrait y avoir confusion avec l’exercice de la philantropie pour ouvrier charpentier…

    Le vieux motard que j’aimais.

  11. JereereJ dit :

    @ Bevilacqua : certe… 🙂 🙂 je m’étais fait la même réflexion 🙂


    jere

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